Retour page ACAP                    Sous station Voltaire, 14 avenue Parmentier

 

 

 

Accueil

Notre équipe

Bâtiment Voltaire >

Rechercher

Bulletins
et   archives

Participez !

ARTICLE FIGARO 1er juin 2017 (texte seul)

Nouveau Cinéma Voltaire :
le mauvais scénario d'Anne Hidalgo

 

Une autre association de riverains, l'Acap, a déposé une demande pour que le bâtiment soit inscrit aux Monuments historiques. - Crédits photo : François BOUCHON/Le Figaro

Culture | Par Léna Lutaud 
Mis à jour le 31/05/2017 à 19h07 | Publié le 31/05/2017 à 19h02

Une association de riverains conteste la validité de l'appel d'offres pour installer une salle dans l'est de Paris.

Hormis le grincement de pas sur le parquet, pas un bruit ne trouble le silence dans l'ancien hôtel d'Aumont, qui abrite le tribunal administratif de Paris. La salle d'audience si lumineuse avec ses grandes fenêtres donnant sur un jardin fleuri et sur une cour pavée du XVIIe siècle est pleine à craquer. Sur les bancs, une vingtaine de membres de l'association 14 Avenue Parmentier se retrouvent entre voisins. Le dossier est éminemment sensible pour Anne Hidalgo, maire de Paris. L'association réclame l'annulation de l'appel d'offres qui a conduit la maire, le 3 février 2016, à choisir David Henochsberg pour la construction d'un cinéma avec un restaurant de Thierry Marx dans l'est de la capitale. Ce lieu magnifique est une ancienne station électrique à l'architecture industrielle signée Paul Émile Friesé, située au 14, avenue Parmentier, dans le XIe arrondissement de Paris. Le site fait partie du projet "Réinventer Paris", dossier phare de la maire. L'idée est de céder vingt-trois terrains et immeubles municipaux à des initiatives innovantes. Dans ce quartier, les habitants se plaignent justement de ne pas disposer de cinéma moderne. Les salles les plus proches se trouvent à Bastille et sont loin d'être à la hauteur.

"La procédure est irrégulière, je demande son annulation, à charge pour la ville de verser 1500 euros à l'association"

Le rapporteur public Jean-François Simonnot

Lunettes sur le nez, ventilateur dans le dos, Jean-François Simonnot, le rapporteur public, plaide en premier. Au tribunal administratif, il est le garant du droit. Ses conclusions sont sans appel: la maire de Paris n'a respecté ni les codes du marché public ni les règles qu'elle s'était elle-même fixées pour la constitution des jurys. Le double collège pour décider de l'heureux gagnant n'a jamais été mis en place. Quant au jury international qui devait trancher en dernière instance, il n'avait d'international que le nom. "À commencer par son président", Bruno Julliard, premier adjoint d'Anne Hidalgo. "La procédure est irrégulière, je demande son annulation, à charge pour la ville de verser 1500 euros à l'association."

Les anciens rivaux de David Henochsberg, qui n'avaient pas compris leur défaite, apprécieront. Ce dernier était en concurrence avec Julie Gayet, elle-même alliée à Xavier Niel (Free). Il faisait aussi face à la société Haut et Court, autre exploitant de salles parisiennes (Louxor, Nouvel Odéon). Et enfin au producteur Dominique Besnehard (auteur de la série Dix pour cent ) et à l'acteur Christophe Lambert, qui avaient imaginé un cinéma adossé à un hôtel de luxe.

Inquiétude

À la barre, Laurent Quessette, de la Direction des affaires juridiques de la ville de Paris, plaide trois minutes montre en main. Quand il ajoute qu'"évidemment, Bruno Julliard a une renommée internationale", la salle éclate spontanément de rire. C'est cruel. L'avocat de David Henochsberg enchaîne et joue la carte du mépris envers le rapporteur public. "Et si Rihanna avait été présidente du jury? Quel impact cela aurait-il eu sur un jury de trente personnes?" Au bout d'une heure, la présidente lève la séance. Décision dans quinze jours.

"Si nous gagnons, ce sera une victoire citoyenne"

Lucile Cocito, porte-parole de l'association 14 Avenue Parmentier

Dans le hall du tribunal, casque de moto sous le bras, David Henochsberg se frotte nerveusement les mains. Il est inquiet. Très inquiet, même. "Je subis cette procédure et elle est extrêmement dommageable pour ma société Étoile Cinémas, dit-il. J'ai dépensé des centaines de milliers d'euros depuis un an. Là, je suis prêt à déposer mon permis de construire." Dehors, Lucile Cocito, porte-parole de l'association 14 Avenue Parmentier, ne cache pas sa joie: "Si nous gagnons, ce sera une victoire citoyenne." Une autre bataille sera aussitôt lancée. L'Acap, autre association de riverains présidée par la styliste Valérie Robert, a déposé le 13 avril dernier "une demande à la Direction régionale des affaires culturelles pour que le bâtiment soit inscrit aux Monuments historiques. Nous avions saisi Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, et l'ancienne ministre de la Culture Audrey Azoulay". Les riverains qui rêvaient d'un beau cinéma en seront pour leurs frais.

Autre article du Figaro :

Cinéma Voltaire : Anne Hidalgo perd devant les juges

Par Lena Lutaud
Publié le 15/06/2017 à 09:52

EXCLUSIF - La ville de Paris, qui fait appel, doit verser la somme de 1000 euros à l'association "le 14 avenue Parmentier". Avec ce jugement, ses vingt-deux autres projets de "Réinventer Paris" peuvent facilement être remis en cause.

Les juges ont tranché. Anne Hidalgo, la maire de Paris a perdu. La construction d'un cinéma et d'un restaurant de Thierry Marx dans l'est de la capitale ne se fera pas. Ce complexe devait s'installer dans une ancienne station électrique du XIe arrondissement à l'architecture industrielle signée Paul Émile Friesé, situé au 14 avenue Parmentier dans l'est de la capitale. La procédure qui avait attribué ce cinéma à l'exploitant David Henochsberg d'Etoile Cinéma est annulée. La Ville de Paris doit verser la somme de 1000 euros à l'association "le 14 avenue Parmentier" qui avait porté plainte. La maire a décidé de faire appel.

C'était le dossier le plus médiatique de son projet "Réinventer Paris" où vingt-trois terrains et immeubles municipaux doivent être cédés à des initiatives innovantes. Dans leur jugement, les juges du Tribunal administratif de Paris soulignent que la maire de Paris n'a pas respecté les règles qu'elle s'était elle-même fixées pour la constitution et le fonctionnement des jurys. Ils ont suivi mot pour mot la plaidoirie d'Aldo Sevino et de Virginie Prévot du cabinet ASEA qui représentait l'association de riverains mais aussi celle très sévère du rapporteur public Jean-François Simonnot, garant du droit.

Le double collège pour décider de l'heureux gagnant n'a jamais été mis en place. La composition d'un premier jury qui avait sélectionné les projets de David Henochsberg, de Julie Gayet alliée à Xavier Niel (Free), à la société Haut et Court, autre exploitant de salles parisiennes (Louxor, Nouvel Odéon) et enfin au producteur Dominique Besnehard (la série Dix pour cent) associé à l'acteur Christophe Lambert, n'a jamais été détaillée. Quant au jury international qui devait trancher en dernière instance, il n'avait d'international que le nom. Sur les vingt-trois membres votants, quinze sont des élus municipaux, premier adjoint au maire, adjoints au maire pour quinze d'entre eux, président de groupe politique au conseil de Paris pour cinq d'entre eux et maire du onzième arrondissement pour le dernier.

Les projets de la Mairie de Paris pourraient être remis en cause À cette liste s'ajoute le président de la commission du vieux Paris, la directrice générale de l'atelier parisien d'urbanisme, le directeur général du pavillon de l'arsenal. Sur les dix membres non votants dont seuls trois étaient présents, tous sont des fonctionnaires des services de la ville de Paris. Les juges regrettent aussi que les qualités, l'origine et les modalités de désignation et le rôle des "membres invités" ne soient pas connus.

Pour David Henochsberg, la décision des juges est une "très très mauvaise nouvelle. Mon préjudice est énorme, dit-il. Nous avons perdu beaucoup de temps, d'argent. J'avais recruté des gens à mon bureau pour s'occuper de ce dossier. D'un point de vue entrepreneurial, j'avais fait des choix stratégiques. Tout est remis en cause."

La maire de Paris a de quoi s'inquiéter. Avec ce jugement, ses vingt-deux autres projets de "Réinventer Paris" peuvent facilement être remis en cause. Les appels d'offres suivaient tous la même procédure. À ce jour, selon le cabinet du premier adjoint au maire, seul le cinéma Voltaire a fait l'objet d'une plainte devant la justice.

======la vue de la Mairie=====================

Jean-Louis Missika, adjoint à l’urbanisme de la maire PS Anne Hidalgo, a trouvé cette décision "difficilement compréhensible". Le "tribunal n’a pas lu les avenants du règlement qui a modifié la composition du jury", a-t-il estimé. Quant à la surélévation, il s’agit de "quelque chose qui est amovible sur le toit du bâtiment. Quand ils parlent de surélévation, ils font semblant de confondre une installation pérenne et une installation amovible". La Ville s’estime par ailleurs "confiante dans les chances de succès de ce recours et dans la bonne réalisation du projet retenu ainsi que des autres projets +Réinventer Paris+ sur lesquels cette décision n’a pas d’incidence".
Rejoignez-nous, nous avons besoin d'adhérents actifs pour lancer l'alerte à temps!
Cotisation donnant droit à notre bulletin trimestriel : 50 €. /an.
Membre bienfaiteur : 100 €. ou plus.
Etudiants et chercheurs d'emploi : 10 €.
Pour écrire et envoyer vos chèques : S.O.S. Paris 103, rue de Vaugirard,  75006 PARIS
ou utilisez PayPal pour payer en ligne .   .   .   .     Adherez à S.O.S. Paris !
Plan du site
Ecrire au webmestre