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Article de Jan Wyers, complément du bulletin n°85
 
(Source: Etude de la Barclays et article d'Ali Bekhtaoui, Expansion 11/01/2012)

URBANISME :
Les tours, encore et toujours…
La "malédiction des gratte-ciel" va-t-elle encore frapper?

A trop vouloir tutoyer le ciel on se brûle les ailes. Telle pourrait être la maxime de la dernière étude de la banque Barclays. Selon elle, la construction de gratte-ciel peut mener à une crise économique car ils sont le symbole d'un emballement immobilier.

Les gratte-ciel, indice de la bulle immobilière?

La banque d'affaires Barclays a mis au point en 1999 un "Skyscraper index", un indice des gratte-ciel, qui part du principe que la mise en chantier de gratte-ciel dans un pays peut être l'élément annonciateur d'une crise économique à venir. L'étude ne fait évidemment aucune relation de cause à effet directe : la construction d'un building n'a jamais mené d'elle-même à une crise économique. Mais ce que cherche à démontrer Barclays c'est que ces deux types d'évènements ont souvent eu une "corrélation malsaine". La construction de gratte-ciel peut être le symptôme d'une bulle immobilière plus large qui germe dans un pays, et qui dans beaucoup de cas a précédé une correction économique.

Des exemples frappants

Pour étayer sa thèse, Barclays se base sur plusieurs exemples qui prêtent à réfléchir. Ainsi en est-il de la tour Chrysler et de l'Empire State Building, mis en chantier dans la période faste des années folles mais achevés en 1930 et 1931, en pleine dépression américaine. Idem pour les tours jumelles du World Trade Center, construites au début des années 1970 et qui ont précédé le choc pétrolier de 1973. La tour Petronas en Malaisie viendra aussi confirmer cette triste corrélation. Cette construction qui devait montrer la vitalité de la capitale Kuala Lumpur a été inaugurée quelques mois avant la grave crise financière asiatique de 1997. La plus haute tour du monde (828 mètres), la tour "Burj Khalifa" de Dubai, conclut la démonstration. Achevée en 2010, elle est devenue le symbole de la crise immobilière et financière qui a frappé la région à la même époque. Les détails, et d'autres exemples frappants au XXe siècle sont visibles dans un beau diaporama sur le site de l'Expansion .

La Chine et l'Inde, prochaines victimes ?

Forte de cette "corrélation malsaine", Barclays passe donc le monde en revue à la recherche d'une forte activité de construction du tours géantes. Ce qui amène la banque britannique a arrêter son regard sur deux géants asiatiques. D'ici cinq ans, l'Inde prévoit en effet de terminer la construction de 14 nouveaux gratte-ciel, dont la Tower of India à Bombay, qui doit décrocher le titre de seconde tour la plus haute du monde en 2016, grâce à ses 700 mètres de hauteur.

La construction de gratte-ciel en Chine est aussi en pleine expansion. L'enquête donne un chiffre impressionnant : sur les six prochaines années, Pékin va achever 124 immeubles d'envergure, soit 53% des gratte-ciel actuellement en construction dans le monde... Ces grands projets se développent alors que le marché immobilier est en pleine surchauffe, le prix des logements ayant atteint des montants astronomiques. En décembre dernier, le gouvernement chinois a annoncé la poursuite de sa politique de régulation des prix pour 2012. Reste à savoir si cette décision sera suffisante pour contenir l'emballement immobilier, ou si ce "skyscraper index" montrera une fois de plus sa pertinence !

Note de la rédaction : Thierry PAQUOT a analysé l'échec des gratte-ciel dans son livre paru en 2008, "La folie des hauteurs" (Note ci dessous*), sous-titré : "Pourquoi s'obstiner à construire des tours ?" A se demander si nos politiques s'informent. Tout y est dit ; il suffit de ne pas céder aux affairistes du bâtiment, et aussi aux délires mégalomaniaques de quelques stars de l'architecture. (Voir également l’article de Thierry Paquot « Des Tours contre la Ville » dans la rubrique dans le bulletin 85 de SOS Paris).
Jan Wyers
Ci dessus, vue vers le Nord de la tour qui a surmonté la crise : bien que la Burj Dubaï ait fait faillite en 2008, il lui a suffi de passer de 560 M à 828M de haut avec un nouveau nom, Burj Khalifa pour trouver des clients plus riches, appréciant les plus grands projets et le luxe. Pour Georgio Armani et le père Ubu, la pompe à phynance fonctionne mieux pour la démesure que la taille humaine.
T.F.

* Résumé de La folie des hauteurs tiré d'Evene.fr :
Les tours sont aujourd' hui au centre de tous des débats architecturaux et environnementaux. Certains y voient des prodiges de technologie et d'esthétisme, d'autres des monstruosités antiécologiques. Pour Thierry Paquot, il est absurde d'être systématiquement 'pour' ou 'contre' les tours. Il existe des tours splendides qui honorent le paysage de la ville qu'elles contribuent à embellir comme à New York ou Chicago, mais il est aberrant de poser une tour solitaire sans se préoccuper de l'urbanisme, c'est à dire des transports collectifs, de la relation au sol, à la rue, des rapports d'échelle avec le reste du bâti, le jeu des proportions entre les façades, les parvis, les plantations.

Autres liens sur La folie des hauteurs de Thierry PAQUOT :
René DUTREY (Les Verts) dans Contre les tours.org.
Sophie CHAPELLE dans Mouvementsd'idées.info
Jean-Paul LACAZE dans la revue Agora d' Urbanisme.fr (bas de page)
Enfin, un autre hauteur a aussi écrit un livre s'appelant "La folie des auteurs" :
George MONBIOT sur GoodPlanet.info
 
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